Servir (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je sers, tu sers, il sert; nous servons, vous servez, ils servent. Je servais. Je servis. Je ai. Que je serve. Que je servisse. Servant. Servi.") S'acquitter de certains offices, de certaines obligations envers une personne ou une collectivité. "Servir le roi. Servir son pays. Servir l'État."
"Servir Dieu," Rendre à Dieu le culte qui lui est dû et s'acquitter de tous ses devoirs de religion.
Dans le culte catholique, "Servir la messe," Être auprès du prêtre qui célèbre la messe, pour dire les réponses, présenter l'eau et le vin, etc.
SERVIR s'emploie aussi absolument et se dit seulement du Service militaire. "Il a servi au Maroc, en Syrie. Il a servi sous les ordres de ce général. Il a servi dans l'infanterie, dans l'artillerie, dans l'aviation, dans la marine."
SERVIR signifie particulièrement S'acquitter de certaines fonctions auprès de quelqu'un comme domestique. "Servir un maître. Il me sert depuis trois ans en qualité de valet de chambre. Il aime à se faire ." Absolument, "Ce domestique est trop vieux, il ne peut plus servir."
"Servir à table," Présenter les plats, verser à boire, donner et retirer les assiettes, etc.
"Servir quelqu'un," Lui donner sa part des mets dont se compose un repas. "Vous êtes bien mal servi. Il s'est servi le dernier."
SERVIR signifie, par extension, Rendre à quelqu'un les mêmes services qu'un domestique rend à son maître. "Elle servait son amie malade, sa vieille mère infirme. Elle se dévoue à les pauvres."
"Se soi-même," Faire soi-même pour son service ce que d'autres font faire par un domestique.
SERVIR se dit en outre d'un Commerçant, d'un artisan relativement à la personne qu'il fournit, pour laquelle il travaille. "Servir un client. Le boucher nous a mal servis aujourd'hui."
"Se chez un marchand," Avoir l'habitude d'acheter chez lui.
SERVIR signifie aussi Rendre de bons offices à quelqu'un, l'aider, le seconder, l'assister. "Servir ses amis. Il m'a bien servi dans cette affaire. Je vous ai partout de mon crédit. Il vous a servi en ami véritable."
"Servir les passions de quelqu'un," Lui fournir les moyens de satisfaire ses passions.
"Servir la religion," Se dévouer au service de la religion.
"Pour vous ," Formule de politesse dont on se sert pour dire à quelqu'un qu'on est à sa disposition pour lui rendre service.
SERVIR s'emploie dans un sens analogue avec un nom de chose comme sujet. "Les circonstances, les événements l'ont bien servi."
"Sa mémoire l'a mal servi en cette occasion," Il a manqué de mémoire.
SERVIR signifie encore Faire fonctionner. Il se dit spécialement, en termes de Guerre, en parlant de Pièces d'artillerie. "Servir une batterie. Servir une pièce de canon."
En termes de jeu de Paume et de Tennis, "Servir la balle" et absolument "Servir," Lancer la balle à celui avec qui l'on joue.
En termes de jeu de Cartes, "Servir des cartes" et absolument "Servir," Distribuer, donner des cartes.
SERVIR se dit aussi en parlant des Mets qu'on place sur la table. "Servir le dîner. Servir le potage. Servir un gigot, un plat de légumes, l'entremets, le dessert." Absolument, "À quelle heure voulez-vous qu'on serve? Servez à huit heures. Servez chaud."
"Le dîner est servi," On peut se mettre à table. On dit dans le même sens : "Vous êtes servi. Madame est servie."
"Servir à déjeuner, à dîner, à souper," Servir à une ou plusieurs personnes de quoi déjeuner, etc. "On nous servit à dîner."
"Servir à quelqu'un d'une viande, d'un plat," Donner d'une viande, d'un plat à quelqu'un. On dit aussi "Servir à boire à quelqu'un."
Fig. et fam., "Servir un plat de sa façon," Dire ou faire quelque chose qui soit conforme au caractère, aux manières, aux habitudes que l'on a. Il est le plus souvent péjoratif. "Ce maître chanteur vous a servi un plat de sa façon." On dit au sens de riposte : "Il avait voulu me nuire, je lui ai servi un plat de ma façon."
En termes de Finance. "Servir une rente," Payer le revenu, l'intérêt d'une somme constituée en rente.
En termes de Jurisprudence, "Servir une redevance," Acquitter la redevance convenue.
SERVIR est aussi verbe intransitif et signifie Être utile à quelqu'un. "Que lui sert d'amasser" "tant de biens? Cela ne vous sert de rien. Ce livre lui a bien servi dans son travail."
Il signifie absolument Être d'usage. "Ces gants pourront vous encore. Ce meuble, cet instrument, cette machine ne peut plus ."
Fig., "Il n'y a qu'un mot qui serve" se dit lorsqu'on veut se faire bien comprendre et préciser le sens de ses paroles.
SERVIR signifie encore Être utile, bon, propre à quelque chose. "Ce bateau sert à passer la rivière. À quoi sert cette machine? Cet instrument sert à tel usage. Les troupes qui servent à la défense des frontières. Cela ne ait qu'à l'indisposer contre vous. Il ne sert à rien de s'emporter. À quoi sert-il, que sert-il, que sert de s'emporter?"
Il s'emploie aussi avec la préposition "de" et signifie Tenir lieu de, tenir la place de, faire l'office de. "Il m'a servi de père. Il lui a servi de modèle. Que cela vous serve de leçon. Mon manteau me a de couverture. Servir de prétexte. Cela vous a d'excuse, de preuve."
Fig., "Servir de jouet, de plastron, de couverture." Voyez JOUET, PLASTRON, COUVERTURE.
SE SERVIR DE signifie Faire usage de. "Il s'est servi de mon argent. Se de toutes sortes de moyens. Il se sert trop souvent du même mot. Se de la règle et du compas. Le papier dont je me sers pour vous écrire."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Être à un maître comme domestique.
REGNARD: « Que un joueur est un maudit métier ! »
VOLTAIRE: « On défendit aux calvinistes, en 1685, de se faire par les catholiques, de peur que les maîtres ne pervertissent les domestiques »
    Absolument. Être réduit à . Ce domestique est trop vieux, il ne peut plus .
    Servir son maître à table, lui donner à boire, lui donner des assiettes, etc.
    Absolument.
VOLT.: « Ce qu'on peut remarquer [lors du sacre], c'est que les prélats dînèrent à la table de l'empereur, et que les ducs de Franconie, de Souabe, de Bavière et de Lorraine ent à table »
J. J. ROUSS.: « Je servais à table, et je faisais à peu près au dedans le service d'un laquais »
    Servir à la chambre, à la cuisine, etc. Être employé au service de la chambre, de la cuisine, etc.
VOLT.: « Vous étiez jeune encor, vous serviez au festin, à ce dernier festin du tyran de l'Asie »
    Pour vous , à vous , locutions familières de civilité employées comme réponse affirmative.
VOIT.: « Vous êtes taupe ? me dit-elle ; Oui, lui dis-je, mademoiselle, Je suis taupe, pour vous »
MOL.: « D. Juan : Vous vous appelez ? - Charlotte : Charlotte, pour vous »
BRUEYS: « Vous êtes sans doute madame Patelin ? - à vous ! »

 2   Être au service de, être attaché à la personne, en une qualité supérieure à celle de domestique.
BOILEAU: « Et ressouvenez-vous quel prélat vous servez »
FÉN.: « Le bonheur de le [un grand] était, selon lui, une assez haute récompense pour ceux qui le servaient »

 3   Rendre à quelqu'un les mêmes services qu'un domestique rend à son maître.
SACI: « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour »
BOSSUET: « Ô vous, pauvres, quelque nom que vous portiez, vous que la reine servait avec tant de foi »
BOSSUET: « Dieu, dit la princesse Anne, me donnera peut-être de la santé pour aller cette paralytique »
D'ALEMB.: « Il [Fénelon] recueillait dans son palais les malheureux habitants des campagnes que la guerre avait obligés de fuir leurs demeures, les nourrissait, et les servait lui-même à table »

 4   Dans le culte catholique, le prêtre, le célébrant à l'autel, répondre la messe, et présenter l'eau et le vin, ce qui, aux grand'messes, est la fonction des diacres et des sous-diacres.
FLÉCH.: « Loin d'ici ces prêtres oisifs qui, vivant de l'autel et ne servant pas à l'autel, traînent sans honneur et sans emploi un stérile et infructueux sacerdoce Racine l'a dit en parlant du culte des Hébreux : »
RAC.: « Debout à ses côtés [du grand prêtre], le jeune Éliacin Comme moi le servait en long habit de lin »
    Servir la messe, assister le prêtre qui la dit.
RAC.: « Pour moi, je n'entends guère de messe dans le camp qui ne soit servie par quelque mousquetaire, et où il n'y en ait quelqu'un qui communie, et cela de la manière du monde la plus édifiante »
MARMONTEL: « Hélas ! le seul office que je pouvais lui rendre, c'était de lui la messe, mais c'était un mérite à ses yeux, et voici pourquoi.... »

 5   Servir Dieu, lui rendre le culte qui lui est dû, s'acquitter des devoirs de la religion.
PASC.: « Il n'y a que deux sortes de personnes qu'on puisse appeler raisonnables : ou ceux qui servent Dieu de tout leur coeur, parce qu'ils le connaissent ; ou ceux qui le cherchent de tout leur coeur, parce qu'ils ne le connaissent pas »
SÉV.: « Que quand on servait Dieu, on servait bien son roi »
BOSSUET: « [Le prince de Condé mourant] nous avertit que, pour trouver à la mort quelques restes de nos travaux et n'arriver pas sans ressource à notre éternelle demeure, avec le roi de la terre il faut encore le roi du ciel »
RAC.: « Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats »
VOLT.: « Ils laissèrent à chacun la liberté de Dieu suivant sa conscience, pourvu que l'État fût bien servi »
    Il se dit des dieux du paganisme.
BOSSUET: « Leurs philosophes connurent que le monde était régi par un dieu bien différent de ceux que le vulgaire adorait, et qu'ils servaient eux-mêmes avec le vulgaire »
RAC.: « J'ai mon dieu que je sers ; vous ez le vôtre »
VOLT.: « Des dieux que nous servons connais la différence »

 6   Obéir à, honorer.
RAC.: « L'orgueil de voir vingt rois vous et vous craindre »
    Servir une dame, lui rendre des soins assidus, faire profession d'être son amant.
MALH.: « Je sers, je le confesse, une jeune merveille, En rares qualités à nulle autre pareille »
CORN.: « Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie »
HAMILT.: « Le comte d'Arran, qui l'avait servie des premiers [Mme de Shrewsbury], n'avait pas été des derniers à la quitter »
    Absolument.
RAC.: « Prêt à toujours, sans espoir de salaire »

 7   Il se dit des emplois de guerre, de magistrature, d'administration que l'on remplit au service de l'État, du prince. Louis XIV fut servi par Vauban dans ses armées.
BOSSUET: « Que, depuis quarante-deux ans qu'il servait le roi, il ne lui avait jamais donné de conseil que selon sa conscience »
FLÉCH: « Ne pouvant le roi par ses actions et par ses discours, il [le Tellier] le servit par son repos et par son silence »
FÉNEL.: « Nous servions tous deux l'État, et, le servant, nous voulions l'un et l'autre tout gouverner »
VOLT.: « D'un combat singulier la gloire est périssable ; Mais la patrie est l'honneur véritable »
VOLT.: « Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux »
D'ALEMB.: « Christine, comme tous les princes, aimait mieux être flattée que servie »
    On dit dans un sens analogue : l'Église.
BOURDAL.: « On ne s'engage à l'Église que dans l'espérance d'y dominer ; et, si l'on n'espérait pas y dominer un jour, on ne se réduirait jamais à la »
    Fig.
BOURDAL.: « Servir le monde pour Dieu, disait ce grand évêque, c'est une vertu ; le monde pour le monde, c'est un désordre »
J. J. ROUSS.: « On sert mal à la fois la fortune et l'amour »

 8   Absolument. Être dans le service militaire. Il a longtemps servi sur mer, dans la cavalerie, dans l'infanterie. Il y a vingt ans qu'il sert.
BOSSUET: « Ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince de Condé, et, comme un titre pour commander, de l'avoir vu faire »
FONTEN.: « M. de Servière, gentilhomme d'une ancienne noblesse, qui, après avoir longtemps servi, mais peu utilement pour sa fortune, parce qu'il n'avait songé qu'à bien , s'était retiré couvert de blessures »
DANCOURT: « Où voudriez-vous ? vous n'avez qu'à dire : dans l'infanterie, dans la cavalerie, ou dans les dragons ? »
    Faire son service. Ce soldat sert bien.
SÉV.: « Vous ai-je pas conté comme il [Turenne] rhabilla ce régiment anglais ?.... les Anglais ont dit.... qu'ils achèveraient de cette campagne pour le venger, mais qu'après ils se retireraient, ne pouvant obéir à d'autres »
VOLT.: « Le maréchal de Richelieu venait de conclure, près de Stade, un traité avec les Hanovriens et les Hessois qui ressemblait à celui des fourches caudines : leur armée ne devait plus »

 9   Terme de guerre. Servir une batterie, une pièce de canon, etc. faire les manoeuvres nécessaires pour l'exécution du feu.
PELLISSON: « Le canon des assiégés a été très bien servi On dit dans un sens analogue : Ce feu d'artifice a été bien servi, mal servi. »
    Servir une pompe, la faire jouer.

 10   Placer les mets sur la table. Servir le dîner, le souper.
PASC.: « Si l'on ne vous servait à table que deux onces de pain »
BOILEAU: « Ainsi dit Gilotin, et ce ministre sage Sur table au même instant fait le potage »
FÉN.: « Les nymphes.... ent un repas simple, mais exquis pour le goût et pour la propreté »
BUFF.: « Ce fut l'orateur Hortensius qui imagina le premier de faire des paons sur sa table »
BUFF.: « La chair du cygne est noire et dure ; et c'est moins comme un bon mets que comme un plat de parade qu'il était servi dans les festins chez les anciens, et par la même ostentation chez nos ancêtres »
DECOURCHAMP: « On voit dans les dispensaires du XVIe siècle qu'on servait à la table de François Ier des cervelles de faisans, des langues de carpes et des foies de lottes étuvés au vin d'Espagne »
    Fig. Servir un mauvais compliment, faire un mauvais compliment.
CORN.: « La voyant échapper, je courais après elle ; Mais un maudit galant m'est venu brusquement Servir à la traverse un mauvais compliment »
    Absolument. Voulez-vous qu'on serve ? Servez à six heures.
MOL.: « Madame, on a servi sur table »
MOL.: « Un petit laquais viendra dire qu'on a servi, on se lèvera, et chacun ira souper »
    Et servez chaud, formule qui, dans les livres de cuisine, termine toutes les recettes de mets qui doivent être mangés chauds.
    Fig. et familièrement. Servez chaud, faites vite, donnez promptement.
    Le dîner, le déjeuner est servi, il est sur la table.
    On dit dans le même sens : Vous êtes servi ; Madame est servie.
VOLT.: « Je suis servi par ses cuisiniers [de Frédéric II] ; j'ai une reine à droite, une reine à gauche.... »
MARIV.: « Un quart d'heure après on nous servit, et nous nous mîmes à table »
Mme RICCOBONI: « Je l'invitai à souper ; mais elle s'en défendit, et me quitta quand on m'avertit que j'étais servie »
    Servir à déjeuner, à dîner, à souper, à une ou plusieurs personnes ce qu'il faut pour déjeuner, dîner, souper.
    Servir un dîner, un déjeuner, signifie quelquefois, en parlant d'hôteliers, de restaurateurs, donner à dîner, à déjeuner. On nous servit un fort beau dîner.
    Servir une table, la couvrir de plats, de mets. On servit six tables en même temps.
    Servir à quelqu'un un mets, d'un mets, donner d'un mets à un convive. On m'a servi un excellent morceau. Je vais vous du saumon.
    On dit aussi : à boire à quelqu'un.
    Servir quelqu'un, lui donner de ce qui est sur la table. Vous ai-je servi ? Je vous ai bien mal servi.
    Absolument. C'était la maîtresse de la maison qui servait, elle distribuait les mets aux convives.
    Fig. Servir quelqu'un d'un conte, lui faire un conte.
CORN.: « Je le sers aussitôt d'un conte imaginaire Qui l'étonne lui-même et le force à se taire »
BAYLE: « J'ai cru que les digressions feraient plus de bien à cet ouvrage que de tort, et que le lecteur, qui se verrait toujours servi de quelque trait d'histoire curieuse ou de quelque réflexion de bon goût, ne regretterait pas d'avoir perdu de vue la comète de temps en temps »
    Fig. et familièrement. Servir un plat de son métier, voy. PLAT. 2, n° 2.
    Fig. et familièrement. Servir quelqu'un à plats couverts, lui rendre en secret de mauvais offices (voy. PLAT 2, n° 1, et, pour l'explication de cette locution, l'historique de PLAT 2).

 11   Terme de jeu de paume. Servir la balle, ou, absolument, , jeter une balle sur le toit pour être reçue par ceux qui jouent. C'est à monsieur à .
    Fig.
RETZ: « [Le premier président dit] que, si M. le Prince avait su jouer la balle qu'il lui avait servie, il avait quinze sur la partie contre moi »
    Servir sur les deux toits, jeter la balle de manière qu'elle aille sur les deux toits avant de tomber.
    Fig. Et familièrement. Servir quelqu'un sur les deux toits, lui fournir l'occasion de faire avec facilité ce qu'il désire.
    Il signifie aussi rendre à quelqu'un avec zèle de grands services.
    Au jeu du ballon, de la balle, du volant, jeter le ballon, la balle, le volant à celui avec qui l'on joue.
    À certains jeux de dés, mettre les dés dans le cornet de celui qui doit jouer. C'est à vous à .

 12   Fournir une marchandise, un objet confectionné. Le boucher vous a mal servi. Ce cordonnier ne vous sert plus aussi bien qu'autrefois.
VOLT.: « Si vous voulez être servi [recevoir des opuscules de Voltaire], dites-moi donc comment il faut que je vous serve »

 13   Terme de finance. Servir une rente, payer l'intérêt d'une somme constituée en rente.
    Terme de jurisprudence. Servir une redevance, acquitter la redevance convenue.

 14   Terme de féodalité. Servir le fief, remplir les obligations qui y étaient attachées.
MONTESQ.: « Quand les fiefs étaient amovibles, on les donnait à des gens qui étaient en état de les »
MONTESQ.: « On fit des dispositions pour la succession future, dans la vue que le fief pût être servi par les héritiers »

 15   Faire aller, faire marcher, en parlant de certains moteurs. Ce cours d'eau a été utilisé pour un moulin.

 16   Être utile à. Servir quelqu'un de son crédit, de son épée. Il vous a servi auprès du ministre.
BOSSUET: « Quand la pieuse reine d'Angleterre servait l'Église, elle croyait l'État »
BOSSUET: « La souveraine puissance vous est accordée, afin que l'empire de la terre serve l'empire du ciel »
MAINTENON: « Il faut nos amis à leur mode »
RACINE: « Inexorables dieux, qui m'avez trop servi »
MARIV.: « Rarement on sert bien ceux qu'on aime beaucoup »
VOLT.: « André Doria est le héros qu'on peut mettre à la tête de tous ceux qui ent la fortune de Charles-Quint »
VOLT.: « L'illustre Mme de Sévigné, Pellisson, Gourville, Mlle Scudéry, plusieurs gens de lettres se déclarèrent hautement pour lui [Fouquet], et le ent avec tant de chaleur qu'ils lui sauvèrent la vie »
J. J. ROUSS.: « Servant ses amis avec zèle, ou plutôt se faisant l'ami des gens qu'il pouvait »
D'ALEMB.: « Je voudrais bien la raison, mais je désire encore plus d'être tranquille »
    Absolument.
FONTEN.: « Sujet plein d'une fidélité ardente et zélée, et nullement courtisan, il aurait infiniment mieux aimé que plaire »
MIRABEAU: « N'offenser personne, guérir toutes les jalousies, sans cesse, et chercher à plaire comme si l'on ne servait point »
    Servir la religion, la patrie, faire quelque chose d'avantageux à la religion, à la patrie.
    Servir les passions de quelqu'un, lui fournir les moyens de les satisfaire.
RAC.: « Comment puis-je sitôt votre courroux ? »
RAC.: « Sers ma fureur, Oenone, et non point ma raison »
MARIV.: « Qu'importe que notre coeur souffre, pourvu que notre vanité soit servie ? »
    Corneille a dit quelqu'un à, l'aider à : Le patrice Aspar le servit à monter au trône, Pulch. au lecteur.

 17   Il se dit des choses qui secondent, favorisent. Les circonstances, les événements l'ont bien servi.
RAC.: « Soit donc que malgré vous le sort vous ait servie, Soit que... »
    Son bras a mal servi sa valeur, il n'a pas eu autant de force que de courage.
    Sa mémoire l'a mal servi, il a manqué de mémoire.
    Si ma mémoire me sert bien, si j'ai bonne mémoire, si je me souviens bien.

 18   Servir la jument, se dit de l'action de l'étalon dans l'accouplement.

 19   Terme de chasse. Tuer la bête avec une arme.
     Moniteur univ. 13 nov. 1867, p. 1405, 3e col.: Servir les bêtes rousses à la carabine
    Ce mot est devenu, dans l'argot, synonyme d'assassiner.

 20   V. n. Être à un maître comme domestique.
FONTEN.: « Enfin il sentit l'impossibilité absolue de à deux maîtres »
    Fig.
BOSSUET: « Il est ainsi, chrétiens : nous sommes des idolâtres, lorsque nous servons à nos convoitises »

 21   Servir un quartier, une semaine, être de service pendant un quartier, pendant une semaine.
    Fig.
VOLT. Lett. d'Alembert: « Je sers actuellement mon quartier de Tirésie [je suis aveugle] ; mes fluxions sur les yeux me mettent hors d'état d'écrire »

 22   Être esclave, en servitude.
CORN.: « Un coeur né pour sait mal comme on commande »
RAC.: « Tu veux ; va, sers, et me laisse en repos »
RAC.: « Maintenant elle [la nation juive] sert sous un maître étranger »
FÉN.: « Une forêt voisine où nous ions en esclaves sous ceux qui gouvernaient ses troupeaux »
RAYNAL: « Sers ou meurs, disaient insolemment les Portugais à chaque peuple qui se trouvait sous leurs pas rapides et ensanglantés »

 23   Servir de, tenir lieu de, faire l'office de.
PERROT: « Pendant que cette princesse [Livie] vécut, elle servait de quelque barrière, parce que Tibère, accoutumé longtemps à lui obéir, n'osait lui contredire ouvertement »
CORN.: « Mon nom sert de rempart à toute la Castille »
LA FONT.: « Votre goût a servi de règle à mon ouvrage »
SÉV.: « Vos lettres nous ont servi d'un grand amusement »
BOURDAL.: « Cette loi divine mal appliquée.... nous sert très souvent de fausse règle »
FLÉCH.: « Des siéges et des combats ent d'exercice à son enfance [de Turenne] »
RAC.: « Je vous rends votre fils et je lui sers de père »
RAC.: « Tout doit de proie aux tigres, aux vautours »
MARMONTEL: « Hortense, ajouta-t-il en s'en allant, vous n'avez pas voulu me faire de la peine ; mais que ceci vous serve de leçon Se à soi-même de, faire pour soi-même l'office de. »
J. J. ROUSS.: « Ils se servent de chiens à eux-mêmes [pour la chasse] »
    Servir de preuve que, prouver que.
CORN.: « Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans, Qu'ils [les rois] savent mal payer les services présents »
    Servir d'un trophée à, être comme un trophée pour.
CORN.: « Dans leur sang répandu la justice étouffée Aux crimes du vainqueur sert d'un nouveau trophée »
    Fig. Servir de jouet, de plastron, être en butte aux railleries, aux attaques.
    Servir de plastron, signifie aussi être exposé aux attaques, aux importunités de quelqu'un.
    Fig. et familièrement. Servir de couverture, de prétexte.

 24   Servir à, être utile.
RÉGNIER: « Fuyez ce qui vous nuit, aimez ce qui vous sert »
PASC.: « Je vois bien maintenant à quoi vous servent les opinions contraires que vos docteurs ont sur chaque matière ; car l'une vous sert toujours, et l'autre ne vous nuit jamais »
BOSSUET: « La reine, qui accompagne son époux au coeur de l'hiver, joint au plaisir de la suivre celui de secrètement à ses desseins »
J. J. ROUSS.: « Ce qui nous sert, on le cherche ; mais ce qui nous veut , on l'aime »
STAËL: « Je croyais, interrompis-je vivement, que le but de la vie d'un honnête homme n'était pas le bonheur qui ne sert qu'à lui, mais la vertu qui sert aux autres »
    Que sert, à quoi sert-il ? quel avantage revient-il de.... ?
CORN.: « Mais que sert la colère où manque le pouvoir ? »
LA FONT.: « Puis on avait pour son argent, Avec un bon soufflet, un fil long de deux brasses ; La plupart s'en fâchaient, mais que leur servait-il ? C'étaient les plus moqués »
LA FONT.: « Ami, reviens chez moi : que nous sert de pleurer ? Haine, vengeance et deuil, laissons tout à la porte »
MOL.: « Que nous a d'avoir du bien, s'il ne nous vient que dans le temps que nous ne serons plus dans le bel âge d'en jouir ? »
BOSSUET: « Que lui ent ses rares talents ? que lui servit d'avoir mérité la confiance intime de la cour ? »
BOSSUET: « Qu'as-tu donc servi, ô philosophie ! »
QUIN.: « Quand on n'a rien à répondre, à quoi sert-il d'écouter ? »
BOILEAU: « Mais sans un Mécénas, à quoi sert un Auguste ? »
BOILEAU: « Mais que sert que ta main leur dessille les yeux ? »
RAC.: « Du zèle de ma loi que sert de vous parer ? »
MASS.: « Que vous aura-t-il servi de croire, si vos moeurs ont démenti votre croyance ? »
BARTHÉL.: « À quoi sert la vie, quand on n'a point d'amis ? »
    Impersonnellement.
BALZ.: « Mais bien vous sert que j'ignore le langage des dieux »
CORN.: « Rien ne vous a servi, seigneur, de me nommer »
LA FONT.: « Rien ne lui servit de se défendre avec ses armes ordinaires, et de raconter des apologues : les Delphiens s'en moquèrent »
LA FONT.: « Rien ne sert de courir : il faut partir à point »
    En ce sens, prend de avec rien, peu, beaucoup, guère, quoi.
RÉGNIER: « Si bien Que tous mes froids dédains n'y ent de rien »
CORN.: « Hélas ! de quoi me sert ce dessein salutaire ? »
MOL.: « L'un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guère »
PASC.: « Qui dit suffisant, marque tout ce qui est nécessaire pour agir, et il ait de peu aux dominicains de s'écrier qu'ils donnent un autre sens au mot de suffisant »
SÉV.: « Les paroles servent de peu quand il s'agit de prouver »
MASS.: « Il ne sert de rien à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme »
VOLT.: « Les titres ne servent de rien pour la postérité »
    Cela sert comme un cautère, comme un emplâtre sur une jambe de bois, comme une cinquième roue à un carrosse, cela est tout à fait inutile.

 25   Servir à, être destiné à tel usage, être propre à.
BOSSUET: « Les juges que leurs artifices faisaient redouter furent sans crédit : leur nom ne servit qu'à rendre la justice plus attentive »
BOSSUET: « Je me souviens qu'il nous ravissait en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine [César], par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combats, lui-même il avait été reconnaître les rivières et les montagnes qui ent à ce grand dessein »
MALEBR.: « S'il y a des choses que l'on doive ignorer, ce sont celles qui ne servent à rien »
FÉN.: « Métophis m'envoya vers les montagnes du désert d'Oasis avec ses esclaves, afin que je servisse avec eux à conduire ses grands troupeaux »
D'ALEMB.: « Les mémoires pour à l'histoire de Louis XIV, qu'il [l'abbé de Choisy] avait aussi écrits dans ses moments de loisir, n'ont paru que depuis sa mort »
    On a dit aussi pour.
RÉGNIER: « J'imite les Romains ....à qui l'on permettait.... de reprendre et de dire Ce qu'ils pensaient pour le bien de l'empire »

 26   Absolument, être utile, avec un nom de chose pour sujet.
BOILEAU: « Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture »
VOLT.: « Tout ce qui dut s'est tourné contre nous »

 27   Être d'usage. Ces gants ne peuvent plus me .
VOLT.: « L'anneau qui lui servait est encore en tes mains »

 28   Faire à, employer pour un but, pour un résultat.
PASC.: « Vous voyez combien cette bulle est dangereuse, par la fin où l'on veut la faire »
BOSSUET: « Par l'effet du même transport qui vous fait parler aux hommes de vos prétentions, vous en venez encore parler à Dieu, pour faire le ciel et la terre à vos intérêts »
FLÉCH.: « Ils font à leurs convoitises les biens qu'ils ont reçus pour exercer leur charité »
FÉN.: « Ils [les dieux] ont fait Achille à abattre les murs de Troie »
ROLLIN: « Il [saint Augustin] veut qu'on fasse l'éloquence humaine à la parole de Dieu, et non qu'on rende la parole de Dieu esclave de l'éloquence humaine »
VOLT.: « Le dernier degré de la perversité est de faire les lois à l'injustice »

 29   Terme de marine. Faire , faire fonctionner telle voile qui ne fonctionnait pas, de manière qu'elle serve au navire pour sa route ou pour une évolution.
     Rapport de J. Bart, 5 juill. 1696, dans JAL: Tout cela fut exécuté avec tant de diligence et si à propos, que les ennemis n'étaient qu'à deux portées de canon de moi, lorsque je commençai à faire

 30   Se , v. réfl. Faire pour soi ce qu'on pourrait faire faire à un domestique.
VOLT.: « Ils [Charles XII et ses compagnons chez les Turcs] se servaient eux-mêmes ; et ce fut le chancelier Mullern qui fit pendant tout ce temps la fonction de cuisinier »

 31   Prendre de ce qui est sur la table. Servez-vous, point de façons.

 32   Faire usage de.
BOSSUET: « Dieu, qui emploie toutes choses à ses fins cachées, s'est servi autrefois des chastes attraits de deux saintes héroïnes pour délivrer ses fidèles de leurs ennemis »
BOSSUET: « Ne puis-je pas dire, pour me des paroles fortes du plus grave des historiens, qu'elle allait être précipitée dans la gloire ? »
RAC.: « Grâces à mon amour, je me suis bien servie Du pouvoir qu'Amurat me donna sur sa vie [de Bajazet] »
LA BRUY.: « Je veux l'avancer, dites-vous : comblez-le de biens, surchargez-le de terres, de titres et de possessions ; servez-vous du temps ; nous vivons dans un siècle où elles lui feront plus d'honneur que la vertu »
MONTESQ.: « Également capables de se de la fortune et de l'attendre »
    Il se dit aussi des personnes qu'on emploie. Il se sert depuis longtemps de ce tailleur.
CORN.: « Je viens remercier et mon père et mon roi D'avoir eu la bonté de s'y de moi »
MONTESQ.: « Ils [les Romains] se ent d'Eumènes et de Massinisse pour subjuguer Philippe et Antiochus, comme ils s'étaient servis des Latins et des Herniques pour subjuguer les Volsques et les Toscans »
VOLT.: « Ô puissant Orosmade, vous vous servez de moi pour consoler cet homme ; de qui vous ez-vous pour me consoler ? »
    Se d'une chose à, s'en pour tel usage.
SÉV.: « Je ne puis fermer les mains ; mais je les remue, et m'en sers à toutes choses »

 33   Se chez un marchand, avoir l'habitude d'acheter chez lui.

 34   Se rendre service à soi-même.
VOLT.: « Ma situation est singulière ; je sers les autres, et je ne me sers pas moi-même »
    Se rendre service l'un à l'autre.
MONTESQ.: « Ces femmes ont toutes des relations les unes avec les autres, et forment une espèce de république dont les membres, toujours actifs, se secourent et se servent mutuellement »

PROVERBES
    Il n'y a qu'un mot qui serve, signifie : ou bien décidez-vous, dites-moi votre dernier mot, ou bien : je vous ai dit mon dernier mot.
MOL.: « Écoutez : il n'y a qu'un mot qui serve ; je n'entends point que vous ayez d'autres noms que ceux qui vous ont été donnés par vos parrains et vos marraines »
VOLT.: « Il n'y a plus qu'un mot qui serve : M. de Meynières peut-il vous dire tout net ce que j'ai à espérer de M. Hérault ? »
    On n'est jamais si bien servi que par soi-même.

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Eulalie: Voldrent [ils voulurent] la faire diavle
    XIème siècle
     Ch. de Rol. LXVII: Bel sire reis, je vus ai servit tant
     Brut. ms. f° 100, dans LACURNE: Artus et li sien les feroient [frappaient], Et des espées les servoient, à vins et à cens les occistrent
     Couci, X: Et fine amor si ne doit pas grever Ceus qui painent toz jors de lui
     ib. XVI: Cele cui [que] j'ai toz jors en remenbrance, Si que mes cuers ne sert d'autre labor
     ib. XIX: Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage Ne puisse assez li [elle] et s'amor
     ib. XX: De pou [peu] me sert que me vuet [veut] conforter D'autrui aimer....
     ib. XIII: Et sachiez bien, se biauz s ne ment [trompe]....
     ib. XXIV: On ne puet [peut] pas à tant seignour
     ib.: De maint annui [j'] ai puis esté servis Et eschapez de perilleuse voie
     Sax. IV: p. 124. Cel jour firent François d'Anseys chevalier ; Car encores servoit au role d'escuier
     ib. XXXIII: Car onc ne lui rendimes.... Coustume ne peage fors de nos aciers frois ; Mais de ce l'avons bien servi par maintes fois
     Th. le mart. 35: Unz sainz huem li a dit, cui il l'ala gehir [avouer], Que l'endemain matin, quant devra Deu , Qu'il chant de saint Estiefne le primerain martyr
     Grégoire, p. 89: À son soper [elle] le servi bel E del peisson e del gastel
    XIIIème siècle
     Berte, X: Mains grans princes ce jour de [à table] se presente
     ib. LVI: Com celle qui ne fine [cesse] De plus à gré qu'une povre meschine [servante]
     Ren. 13173: Et dist Belins : je n'en puis mès, Je serf à un vilein felon Qui onc ne me fist se mal non
     la Rose, 6631: Et quant par votre fol respons M'avés mon songe ainsinc espons, Servi m'avés de grans mençonges
     ib. 2125: Toutes fames sers et honore, D'eles poine et labore
    XIVème siècle
     ib. 9014: Tousjours li mieux servi sont tousjours li plus grant, Guesclin, var. des vers 18118-18131. J'ai tout adez oï et dire et recorder ; Qui sert et ne parsert, il ne peut profiter
DU CANGE: « Jehan Dourderon, poure valet charton, servant devant autrui [au service d'autrui] »
     ib.: Il s'en revint à S. Felix le dimanche suivant, pour son jour [comparaître à l'assignation] à l'endemain ensuivant contre ledit David
    XVème siècle
COMM.: « Nonobstant qu'ils eussent bien servy son pere au recouvrement et pacification du royaulme »
COMM.: « C'est si tard qu'il ne sert plus de gueres »
COMM.: « Et pour les pers de France s'y trouverent ceux qui s'ensuivent : le premier fut le duc d'Alençon (qui servoit pour le duc de Bourgongne) ; le deuxieme, monseigneur de Bourbon (qui servoit pour le duc de Normandie).... »
VILLON: « Tout sert ; mais par sainte Marie, Il ne fait pas ce tour qui veult »
    XVIème siècle
RAB.: « Il montoit sur une vieille mulle, laquelle avoit servi neuf roys »
CALV.: « Ceste cavillation ne leur sert de rien »
CALV.: « Ils avoient la charge de penser les povres, et leur »
CALV.: « Il n'est question sinon de nourrir entre nous charité, en servant les uns aux autres »
MARG.: « Dans la ville d'Amboise demeuroit le serviteur d'une princesse, qui la servoit de valet de chambre »
MONT.: « Se d'une chose »
MONT.: « Le tromper peult pour le coup »
ID.: « Moyen qui sert à vaincre »
MONT.: « Quoi qu'il en soit, je ne vouldrois pas estre servy de cette façon »
MONT.: « Qui a apprins à mourir, il a desapprins à »
MONT.: « J'en sçais à qui il a servy d'y apporter.... »
MONT.: « Les exemples fabuleux y servent comme les vrais »
MONT.: « Je ne fus jamais sans homme qui m'en servist [de la musique, qui m'en jouât] »
MONT.: « Le sommelier servit de ce vin au pape »
LANOUE: « On trouve des personnes ayans des opinions differentes, quant à la maniere de à Dieu »
LANOUE: « Les sciences servent d'un grand ornement aux nobles »
AMYOT: « Il les feit de viandes fort simples et communes »
AMYOT: « Servir et honorer les dieux »
AMYOT: « Mais tout cela ne servoit de rien »
AMYOT: « Il estoit servy en vaisselle d'or et d'argent »
PARÉ: « L'epiglotte sert de comprimer le passage et conduit des cartilages du larynx »
LA BOÉTIE: « Un seul hommeau, et le plus souvent le plus lasche et femenin de la nation.... tout empesché de vilement à la moindre femmelette »
COTGRAVE: « Qui sert commun, nul ne le paye, et, s'il defaut, chascun l'abaye »
ID.: « Assez demande qui bien sert »
OUDIN: « Un bien servy [certificat donné à un domestique] »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. sarvi ; Berry, sarvir ; wallon, siervi ; provenç. , sirvir ; espagn. ; ital. e ; du lat. e.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE SERVIR. Ajoutez :

 35   Se , être mis, servi sur table. Ce plat se sert sur les meilleures tables.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je sers, tu sers, il sert, nous servons, vous servez, ils servent. Je servais. Je servis. Je ai. Etc.") Être à un maître comme domestique. "Servir un maître. Il y a dix ans qu'il me sert. Il me sert depuis trois ans en qualité de valet de chambre. L'Écriture dit, Nul ne peut deux maîtres. Il aime à se faire . Il ne sait pas se faire ." On l'emploie quelquefois absolument. "Ce domestique est trop vieux, il ne peut plus . Il est las de . Être réduit à ."
Il signifie, par extension, Rendre à quelqu'un les mêmes services qu'un domestique rend à son maître. "Elle servait son amie malade, sa vieille mère infirme. Elle se dévoue à les pauvres."
"Servir à la chambre, à la cuisine, etc., " Être employé au service de la chambre, de la cuisine, etc.
"Servir son maître à table," Lui donner à boire, lui donner des assiettes, etc.
Avec le pron. pers., "Se soi-même," Faire soi-même pour son service ce que d'autres font faire par un domestique.
Dans le Culte cathol., "Servir le prêtre, le célébrant à l'autel," Être auprès de lui pour répondre la messe, pour lui présenter l'eau et le vin, etc.; ce qui, aux grand'messes, est la fonction des diacres et des sous-diacres. "Servir la messe," Servir le prêtre qui dit la messe.
"Servir Dieu," Rendre à Dieu le culte qui lui est dû, et s'acquitter de tous les devoirs de religion.
"Servir une dame," Lui rendre des soins assidus, faire profession d'être son amant. Il est vieux.
"Servir le roi, l'État," Être dans quelque emploi, ou de guerre, ou de magistrature, ou de finance, etc., pour le service du roi, de l'État. "Servir le roi dans ses armées. Servir le roi dans les ambassades, dans ses conseils. Servir l'État dans la marine, dans la magistrature, dans l'administration." Le verbe "Servir" s'emploie aussi absolument en ce sens; et alors il se dit seulement Du service militaire. "Il y a vingt ans qu'il sert. Il a servi en Allemagne, en Italie. Il a servi sous ce général. Il a longtemps servi sur mer, servi dans l'infanterie, dans l'artillerie, etc. Il n'a jamais servi."
En termes de Guerre, "Servir une batterie, l'artillerie, une pièce de canon, un mortier, etc.," Faire les manoeuvres nécessaires pour tirer le canon, etc. "À ce siége, l'artillerie a été bien servie, mal servie." On dit dans un sens analogue, "Ce feu d'artifice a été bien servi, mal servi."
"Servir une pompe," La faire jouer. "Il faut trois hommes pour cette pompe."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi en parlant Des mets qu'on place sur la table. "Servir les viandes sur table. Servir le dîner, le souper. Servir le potage. Servir un gigot, un plat de légumes. On a servi à ce dîner un fort beau poisson. Il est temps de l'entremets. Servir le dessert. C'est un mets qui se sert sur les meilleures tables. À quelle heure voulez-vous qu'on serve? Servez à six heures. Servez chaud. On a servi. Le dîner est servi." On dit dans le même sens, "Vous êtes servi."
"Servir à déjeuner, à dîner, à souper," Servir à une ou plusieurs personnes de quoi déjeuner, etc. "On nous servit à dîner."
"Servir un dîner," signifie quelquefois, Donner un dîner. "Il nous servit un fort beau dîner."
"Servir une table," La couvrir de plats, de mets, etc. "Dans le temps de cette fête, on servait six tables à la fois. On servit six tables en même temps."
"Servir à quelqu'un d'une viande, d'un mets," Donner d'une viande, d'un mets à quelqu'un avec qui on est à table. "On m'a servi un excellent morceau. Servez de la poularde, de la perdrix à monsieur." On dit aussi, "Servir à boire à quelqu'un."
Absol., "Servir quelqu'un," Lui donner de ce qui est sur la table. "Vous ai-je servi? Je vous ai bien mal servi. C'était la maîtresse de la maison qui servait," Qui distribuait les mets aux convives. On dit, dans un sens analogue, "Se . Il s'est servi le dernier."
Prov. et fig., "Servir un plat de son métier," Dire ou faire quelque chose qui tienne du caractère qu'on a, ou de la profession qu'on exerce. "Ce menteur, ce fripon nous a servi un plat de son métier."
Fig. et fam., "Servir quelqu'un à plats couverts," Lui rendre en secret de mauvais offices. "Au moins, il ne l'a pas servi à plats couverts," se dit D'un homme qui a rendu ouvertement quelque mauvais office à un autre.
En termes de Finances, "Servir une rente," Payer le revenu, l'intérêt d'une somme constituée en rente.
En termes de Jurispr., "Servir une redevance," Acquitter la redevance convenue.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



à certains Jeux de dés, Mettre les dés dans le cornet de celui qui doit jouer. "C'est à vous à ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



au Jeu du ballon, au Jeu de la longue paume, et au Jeu du volant, Jeter le ballon, la balle, le volant à celui contre qui l'on joue.
Au Jeu de la paume, "Servir la balle," ou absolument, "Servir," Jeter la balle sur le toit à celui contre qui on joue; et, "Servir sur les deux toits," Jeter la balle de manière qu'elle aille sur les deux toits avant de tomber à terre.
Fig. et fam., "Servir quelqu'un sur les deux toits," Lui fournir l'occasion de faire avec facilité ce qu'il désire; et, par extension, Lui rendre avec zèle de grands services.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit en outre D'un marchand, d'un ouvrier, relativement aux personnes qu'il fournit, pour qui il travaille. "Il y a dix ans que le même épicier sert notre maison. Ce cordonnier ne me sert plus aussi bien qu'autrefois. Le boucher vous a mal servi aujourd'hui."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Rendre de bons offices à quelqu'un, l'aider, le seconder, l'assister. "Servir ses amis. Il m'a bien servi dans telle affaire. Je vous ai partout. Servir de son crédit, de son épée. Il sert bien quand il veut. Il vous a servi en véritable ami."
Il a quelquefois pour sujet un nom de chose. "Les circonstances, les événements l'ont bien servi."
"Servir les passions de quelqu'un," Lui fournir les moyens de satisfaire ses passions. "Son bras a mal servi sa valeur," Il n'a pas eu autant de force que de courage. "Sa mémoire l'a mal servi en cette occasion," Il a manqué de mémoire. "Si ma mémoire me sert bien, vous étiez à cette fête avec nous," Si j'ai bonne mémoire, etc.
"Servir la religion, sa patrie, etc.," Faire quelque chose d'avantageux pour la religion, pour la patrie, etc.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec la préposition "de," est neutre, et signifie, Tenir lieu de, tenir la place de, faire l'office de. "Servir de mentor à un jeune homme. Il m'a servi de père. Il lui a servi de modèle. Que cela vous serve d'exemple. Il m'a servi d'interprète. L'air de la campagne lui servit de remède. Mon manteau me a de couverture. Servir de prétexte. Cela vous a d'excuse, de preuve."
Fig., "Servir de jouet, de marotte, de plastron," Être en butte à toutes les railleries d'une ou de plusieurs personnes. "Servir de plastron," signifie aussi, Être exposé aux attaques, aux importunités de quelqu'un.
Fig. et fam., "Servir de couverture," Servir de prétexte.



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec la préposition "à," est également neutre, et signifie, Être destiné à tel usage; ou Être utile, propre, bon à quelque chose. "Ce bateau sert à passer la rivière. À quoi sert cette machine? Cet instrument sert à tel usage. Les troupes qui servent à la défense des frontières. Ce cheval sert à tirer et à porter. À quoi ce valet peut-il vous ? Faire ses amis à son avancement. Faire une chose à ses desseins. Cela né ait qu'à l'indisposer contre vous. Cela ne sert à rien. Il ne sert à rien de s'emporter. À quoi sert-il," ou "Que sert-il, que sert de s'emporter?" On dit souvent dans le même sens, avec la préposition "de, Cela ne sert de rien; de quoi cela sert-il?" surtout quand on veut exprimer l'inutilité absolue.
Il signifie encore simplement, Être d'usage. "Ces gants, ces souliers pourront vous . Cet habit ne saurait me . Ce cheval ne peut plus guère ."
Prov., "Cela sert comme un cautère, comme un emplâtre sur une jambe de bois, comme une cinquième roue à un carrosse, etc.," Cela est tout à fait inutile.
Prov., "Il n'y a qu'un mot qui serve," signifie tantôt, Décidez-vous, dites-moi votre mot; tantôt, Ce que je vous dis est mon dernier mot.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



joint à la préposition "de," s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Faire usage de. "Il s'est servi de mon argent. Elle s'est servie avantageusement de son crédit. Se de la bourse de son ami. Il se sert de mes meubles, de mes chevaux. Si vous avez affaire de telle chose, servez-vous-en. Se de toutes sortes de moyens. Il se sert trop souvent du même mot. Il s'est servi de tel expédient. Il se sert bien de la conjoncture des affaires," ou mieux "des conjonctures. Il se sert bien de son crédit, de sa faveur. Il ne se sert jamais de voiture. Se de la règle et du compas. Le papier dont je me sers pour vous écrire."
Il se dit, quelquefois, en parlant Des personnes. "Il se sert depuis longtemps de ce tailleur, de ce cordonnier."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

Je "sers", nous "servons", je "servois", ou "servais"; je "servis"; j'"ai servi"; je "servirai"; je "servirois" ou "servirais"; "sers", que je "serve"; je "servisse"; "servant"; "servi". = "Actif:" 1°. Être à un maître comme son domestique. 'Il "m'a servi" dix ans. 'Persone ne peut " deux maîtres". = V. n. 'Il "sert à" la chambre, "à" la cuisine. Et sans régime. 'Il ne "sert" plus: il ne peut plus "servir". = "Servir son" maître à table; lui doner à boire, des assiètes, "etc." = "Servir une" table: la couvrir de plats, de mets, "etc."
- 2°. Doner d'une viande, d'un metz à quelqu'un des convives. '"Servez de la" poularde, "de la" perdrix, "à" Monsieur, "à" Madame.
- 3°. "Servir le" canon, "l'"artillerie; les tirer avec adresse et diligence.
- 4°. Rendre de bons ofices; aider, assister. 'Il "m' a" bien "servi" dans cette afaire. '"Servir" quelqu'un "de" son crédit. = "Servir" Dieu; lui rendre le culte et l'obéissance, qui lui sont dûs.
- "Servir l'"Église, "l'"État, "la" Patrie: Faire quelque chôse d'avantageux pour, "etc." = "Servir le Roi"; être dans quelque emploi de guerre, ou de Magistratûre, ou de Finance. "Servir le Roi" dans des Ambassades, "dans" son conseil. = V. n. Et en parlant du service militaire seulement, ou de celui des domestiques. 'Il "sert" bien; il "a" bien "servi": il "a servi" sous un tel général. "Servir sur mer", "sur terre". FONTENELLE dit, "par terre". Il me semble que c'est contre l'usage.
   On est bien malheureux d'être né pour "servir".
   Travailler ce n'est rien; mais toujours obéir!
       "Le Méchant".

- 5°. "Servir de", tenir lieu de; tenir la place; faire l' ofice "de": il "m'a servi de" père. 'Cela "lui a servi de" médecine. '"Servir de prétexte;" et en st. famil. "de couvertûre".
- 6°. "Servir à", être utile. 'Cet instrument "sert à un" tel usage. 'Cela "lui a à faire" son voyage. 'Ce cheval "sert à tirer" et "à porter". '"À~ quoi" cela peut-il "vous "?
- 7°. V. réc. '"Se de", user de. 'Il "se sert de" mon argent, "de" mes meubles, "de" mes chevaux. '"Se de" toutes sortes de moyens; "de" son crédit, "de" sa faveur, "etc."
   "Rem." 1°. On disait autrefois "servir" dans le sens d'"adorer". 'L'Église Catholique ne "sert" point "les" images. = Dans le sens de "rendre des services", il régit l'acusatif. Quelques Auteurs lui ont doné le datif pour régime. 'On ne peut " à" deux maîtres. "Lett. Édif." L'"Acad." dit que c'est l'anciène traduction de ce texte de l'Évangile: ce régime est un latinisme. "Fontenelle" a dit aussi " à" deux maîtres. Dans une chronique, on dit " à" Dieu. "Fenélon". a dit " à" l'ambition de. Et "Brebeuf".
   Certes, c'étoit pour Rome un charme à sa misère,
   Quelle n'eut qu'à " à" l'un de ses enfans.
L'"à" est de trop dans tous ces exemples.
- 2°. "Servir", tenir lieu de";" faire l'ofice de; régit les prép. "de" et "à" 'Il "a servi de père à" ses neveux.
   Cette austère vertu, dont se paroit l'ingrat,
   Ne "servoit" que "de" voile "au" plus noir atentat.
       "Créb."
Mais "servir", être utile, ne régit que la prép. "à". On a souvent demandé s'il faut dire, cela ne "sert à" rien, ou ne "sert de" rien. '"À~" quoi "sert"-il, ou "de" quoi "sert-"il"?" Il y a des exemples et des autorités pour tous les deux. L'"Académie" les met indiféremment et sans remarque: mais le premier parait plus analogue au sens de cette expression; car, cela ne "sert à" rien, "à" quoi cela "sert-"il, signifient, cela "n'est utile à" rien, "à" quoi cela peut-il "être utile"?
- 3°. Le "que", qui suit ces façons de parler, régit le subjonctif: "à quoi sert-il"? ou "il ne sert de rien", (ou "à rien") que J. C. "soit venu" nous aporter cette vérité, ou nous ofrir cette grâce, si nous n'en profitons pas. "Grifet". '"À~" quoi "sert-il à" un Peuple "que" son Roi "subjugue" d'aûtres Nations, s'il est malheureux sous son règne? "Télém."
- Dans cette dernière phrâse, "de quoi" aurait mieux valu pour éviter deux "à" si près l'un de l'aûtre: "à" quoi sert-il "à", etc. = On dit quelquefois, surtout en vers, "que sert-il"? pour, à quoi "sert-il"? Racine ne dit même, "que sert" sans "il", avec "de" et l'infinitif.
   Mais "que sert de pousser" des soupirs superflus?
"Gresset" dit aussi, "que servent" mes accens? pour, "à quoi servent" mes accens? = "Mallebranche" et "Rollin" ont mis "rien" avant "servir". 'Ne nous peuvent "de rien ": il n'auroit "de rien servi" de conoitre sa honte. Cette construction est gauloise. * Cela ne "sert en rien", est encôre plus mauvais: c'est un gasconisme. = Avec "peu", on met "de" et non pas "à:" "Il a de peu" (et non pas "à peu)", d'avoir fait cette démarche.
- 4°. "Voltaire" fait régir à ce verbe des noms au nominatif et sans article. '"Rosen" vint dabord "servir" simple "cavalier" dans le Régiment de Brinon.
- On dit ordinairement: " comme", ou "en qualité de".




Emplacement dans le dictionnaire :

serveur
servi
serviable
serviablement
service
serviette
servile
servilement
servion

servir à
servir de
servite
serviteur
servitude
ses
sésamées
sesquialtère
sesquiammonique
sesquiferreux
sessile




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...toute la nuit autour des grandes-pierres. Nous étions bien devant cette flamme qui séchait nos vêtement trempés de pluie, et nous attendions avec impatience la bonne soupe chaude qu'on allait nous servir. CHAPITRE XIX Ces crêpes qu'on nous faisait ressemblaient à la lune, tant elles étaient larges ; on nous les passait à mesure toutes brûlantes, au bout d'une longue palette de frêne taillée en forme...


Citation n°2 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)

...n'en eûtes jamais un atome, et de lettres vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot ! Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut pour pouvoir là, devant ces nobles galeries, me servir toutes ces folles plaisanteries, que vous n'en eussiez pas articulé le quart de la moitié du commencement d'une, car je me les sers moi-même, avec assez de verve, mais je ne permets pas qu'un autre...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...religieuses. Seules, les fonctions scientifiques sont en état de leur disputer la place ; et encore la science actuellement n'a-t-elle guère de prestige que dans la mesure où elle peut servir à la pratique, c'est-à-dire en grande partie, aux professions économiques. C'est pourquoi on a pu, non sans quelque raison, dire de nos sociétés qu'elles sont ou tendent à être essentiellement...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...aussi brutalement aux relations industrielles et commerciales. Or il passe pour être impropre à un tel rôle. Parce qu'il est né à l'occasion d'intérêts temporels, il semble qu'il ne puisse servir qu'à des fins utilitaires, et les souvenirs laissés par les corporations de l'ancien régime ne font que confirmer cette impression. On se les représente volontiers dans l'avenir telles qu'elles...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...d'action ne se limite à aucune région déterminée, sa clientèle se recrute partout. Une institution, aussi entièrement engagée dans la commune que l'était la vieille corporation, ne pouvait donc servir à encadrer et à régler une forme d'activité collective qui était aussi complètement étrangère à la vie communale. Et en effet, dès que la grande industrie apparut, elle se trouva tout naturellement...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...